Avant de parler jus de raisins, quelques mots sur la vie qui s'écoule ici dans cet automne qui s'étire comme la peinture sur la barrière du jardin du Balaton.
On ne distingue pas à première vue qu'on est dans un pays pauvre. Si vous aviez tenu le pinceau vous auriez été surpris de constater que le grillage n'est pas comme en France, plastifié. Là, il est en fer blanc, il faut peindre chaque croisillon, chaque maille, chaque enchevêtrement. Bilan, deux heures trente par vantail. Premier pépin!
Le deuxième se sont les taupes qui se croient chez elles sans savoir qu'elles sont maintenant chez nous. Le vrai pépin fut quand je suis allé seul au magasin expliquer qu'il me fallait des vers pour empoisonner les taupes. Allez expliquer cela en hongrois! J'ai quand même réussi à apprendre qu'ici les vers empoisonnés sont interdits car on ne peut pas tuer les taupes. Elles sont protégées par Bruxelles! Merci l'Europe!
Le troisième pépin est arrivé coup sur coup après les taupes. Essayez d'expliquer à un vendeur qu'on souhaite acheter un mastic cicatrisant pour les arbres fruitiers! C'est un peu tenter de faire comprendre à un chinois le moteur à huit cylindres en V. Bonjour la vie d''immigré!
Pour couronner les jours à la noix, v'la qu'il en tombe comme à Gravelotte sur le devant de la maison.
Le pire c'est la nuit quand il y a du vent. On entend les coquilles pleines qui tombent et rebondissent sur le béton en émettant un petit claquement sec qui évidemment réveille le bon dormeur. Moi qui rêvait d'avoir de belles noix, en tous cas me voilà comblé! Dure la vie de retraité!
Et puis les pommes, pom pom pom pom! Il en tombe des tonnes, on ne sait plus qu'en faire... On rêve d'un barrage ou au moins d'une écluse qui permettrait d'arrêter le flot incessant tout en abaissant le niveau de jus de pomme potentiel qui va finir par nous noyer.
Alors on fait des tartes. C'est tarte mais ça use un peu de fruits et ça fait râler ma petite soeur, mes nièces, mon frère et d'autres qui se souviennent de celles de ma mère si bonnes, si goûteuses et tellement enrobées d'amour.
Revenons aux raisins. Imaginez que le jus est maintenant en bouteilles, tenez, jetez un oeil sur le travail accompli...
Bon, je vous vois écarquiller les yeux. Y'a de quoi! Imaginez combien de grappes il faut pour remplir une bouteille? Souvenez-vous de nos vendanges...



Le deuxième se sont les taupes qui se croient chez elles sans savoir qu'elles sont maintenant chez nous. Le vrai pépin fut quand je suis allé seul au magasin expliquer qu'il me fallait des vers pour empoisonner les taupes. Allez expliquer cela en hongrois! J'ai quand même réussi à apprendre qu'ici les vers empoisonnés sont interdits car on ne peut pas tuer les taupes. Elles sont protégées par Bruxelles! Merci l'Europe!
Le troisième pépin est arrivé coup sur coup après les taupes. Essayez d'expliquer à un vendeur qu'on souhaite acheter un mastic cicatrisant pour les arbres fruitiers! C'est un peu tenter de faire comprendre à un chinois le moteur à huit cylindres en V. Bonjour la vie d''immigré!
Pour couronner les jours à la noix, v'la qu'il en tombe comme à Gravelotte sur le devant de la maison.
Le pire c'est la nuit quand il y a du vent. On entend les coquilles pleines qui tombent et rebondissent sur le béton en émettant un petit claquement sec qui évidemment réveille le bon dormeur. Moi qui rêvait d'avoir de belles noix, en tous cas me voilà comblé! Dure la vie de retraité!
Et puis les pommes, pom pom pom pom! Il en tombe des tonnes, on ne sait plus qu'en faire... On rêve d'un barrage ou au moins d'une écluse qui permettrait d'arrêter le flot incessant tout en abaissant le niveau de jus de pomme potentiel qui va finir par nous noyer.
Alors on fait des tartes. C'est tarte mais ça use un peu de fruits et ça fait râler ma petite soeur, mes nièces, mon frère et d'autres qui se souviennent de celles de ma mère si bonnes, si goûteuses et tellement enrobées d'amour.
Revenons aux raisins. Imaginez que le jus est maintenant en bouteilles, tenez, jetez un oeil sur le travail accompli...
Bon, je vous vois écarquiller les yeux. Y'a de quoi! Imaginez combien de grappes il faut pour remplir une bouteille? Souvenez-vous de nos vendanges...
Bon, faut pas rêver. Il faut être honnête même si ça fait de la peine. Les bouteilles que vous avez vues proviennent des caves de Torley, immense producteur de ce que l'on appelait champagne avant que cette appellation ne soit ici interdite.
Ainsi donc, M Torley a commencé à faire du "champagne" (appelé ici "pezsgo", ça s'invente pas!) vers la fin des années 1800 sur le modèle de Dom Pérignon qui avait commencé plus de cent années auparavant.
En parcourant les installation dans la périphérie de Budapest, on peut voir des reproductions de Geza Farago, le peintre et affichiste, ancêtre de Julie, qui faisait des pubs pour ce breuvage.
Puis les caves immenses qui font rêver...
En bref, pauvre pépin que je suis, je vous livre notre pauvre production d'amateurs non éclairés... bien que lumineux! Ma honte est gigantesque, mon égo est à terre et ce sera le dernier pépin de ces pages juteuses à souhait arrosées du malheur d'avoir raté cette première production.
Notez la boîte de jus de fruits posée là comme litre étalon. Ainsi donc je vous livre amèrement notre production qui avoisine péniblement les 45 litres. Misère qui glougloute dans la cave au gré des bulles qui s'envolent comme jadis les rôts s'échappaient des gorges de nos rois repus.
Au printemps prochain nous saurons quel goût aura notre nectar et ainsi espérons être encore là pour le goûter. Visez l'étiquette...
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| Encore un dessin de Géza Farago |
Bien viticolement et vinicolement vôtre!


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